Exposition « Biscaïno, le retour de l’enfant trouvé »
Du vendredi 4 octobre au dimanche 8 décembre 2019. 

« Le retour du « Biscaïno » : un tableau italien du XVIIe siècle qui nous parle de Coutances.

« Moïse sauvé des eaux » est un tableau peint au début du XVIIe siècle par Bartoloméo Biscaïno, peintre de l’école de Gênes. Connu plutôt pour les nombreuses estampes qu’il a réalisées, cet artiste a peint plusieurs scènes d’histoire biblique dont celle qui figure au catalogue des collections du musée de Coutances depuis 1886. En 2017, et à l’initiative de Pierre de Castellanne, président fondateur des « Amis du musée Quesnel-Morinière », le projet de restauration de ce tableau, un peu usé par les ans et par des retouches du début du XIXe siècle, a été proposé à la municipalité de Coutances qui l’a accepté grâce au concours de la Fondation du Patrimoine et du Ministère de la Culture ( le musée de Coutances étant classé « Musée de France »). Restaurée par les soins d’Agnès Archimbaud (pour la partie picturale) et de Philippe Lascombes (pour le cadre) cette oeuvre a été présentée le vendredi 4 octobre lors du vernissage de l’exposition « Biscaïno : le retour de l’enfant trouvé ».

Cette présentation temporaire, avant le retour de l’oeuvre à son emplacement dans les collections permanentes, sera l’occasion de faire le lien entre une oeuvre d’art, conservée dans le musée, et l’histoire sociale de la ville de Coutances puisque que « Moïse sauvé des eaux » n’est rien d’autre que le symbole d’un certain regard sur l’enfance abandonnée qui a constitué, du XVIIe au XIXe siècles, à Coutances comme ailleurs, un phénomène social que nous avons trop tendance à oublier».

Exposition « Cheminement », de Sophie Dumont
Du vendredi 8 novembre au dimanche 8 mars 2020. 

Sophie Dumont est née à Paris en 1964. Dès sa plus petite enfance, elle est baignée dans le milieu de la peinture, à travers les dessins d’Henriette Dumont, sa grand-mère paternelle qui croque à tous ses instants, enfants et petits-enfants. Sophie Dumont s’intéresse à l’histoire de l’art, travaille plusieurs années, cherche, découvre pour se réaliser pleinement vers 2007. Sa facture devient plus forte, les couches se multiplient sur la toile, laissant apparaître une plage ou des falaises à qui veut bien les découvrir. Son travail à l’huile prend toute sa valeur dans les couches successives et les transparences.

La figuration lyrique

L’une des missions de l’art qui est de tendre au bonheur par l’émotion, ne saurait atteindre convenablement son objectif en peinture par la représentation mimétique de l’image ou du motif, quelle qu’en soit la source. La photographie, à sa façon, sait aussi sublimer ses modèles et stimuler le regard. L’interprétation picturale a la charge d’assumer la réinterprétation du paysage pour en proposer une autre vision. C’est précisément dans cette démarche que s’inscrit le parcours de Sophie Dumont. Transcender la nature par la matière, la couleur et la lumière.

Certaines toiles peuvent évoquer l’influence de Nicolas de Staël par leur dépouillement graphique, et tendre par leur fluidité, vers une abstraction lyrique qui efface les apparences visibles de la réalité. Les déclinaisons de noir, de gris et de blanc, par exemple, concentrent toute l’énergie contenue dans la nature, dans un jeu de perspectives et de lumières où le trait s’estompe au profit de l’ambiance générale de la toile. Mais le style suit en même temps une évolution continue qui s’exprimera plus tard dans une série sur les bibliothèques, où le livre apparaît davantage comme l’évocation d’une culture que comme un objet usuel. Les livres sont là, comme empilés négligemment sur le coin d’une table ou dans une bibliothèque, sans lien direct avec l’environnement. Leur expression n’est que matière picturale, utilisant la couleur pour établir la hiérarchie entre les différents niveaux de représentation. Dans ce contexte, le retour au paysage figuratif résonnait comme une gageure semblant renier les enseignements du passé. Mais le sujet suit les mêmes règles d’ordonnancement sur la toile. Le paysage évolue dans des modulations aux contours estompés, pour suggérer les volumes plus que pour dessiner un motif précis. La palette, dans des tonalités souvent plus sourdes, suggère plus qu’elle n’impose une construction ressemblante. La liberté de l’artiste rejoint celle du spectateur, invité, quel qu’en soit le thème, à entrer dans la toile pour y apporter son interprétation et se laisser envahir par ses propres émotions. Les multiples couches de matière élaborent patiemment les transparences d’où jaillissent les lumières. Chaque œuvre contient sa part de mystère, mais rien ne vient heurter le regard soumis à la sérénité des grands espaces, traduits par des formats souvent de grande dimension. La peinture retrouve toute sa plénitude, et ne se détourne jamais de sa vocation première : inciter au rêve et à la réflexion.

Contact

Musée Quesnel-Morinière : 02 33 07 07 88
musee-de-coutances@ville-coutances.fr
2, rue Quesnel-Morinière
50200 COUTANCES
Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 17h (jusqu’à 18h en juillet et août) – Fermé le mardi et le dimanche matin.
Fermeture annuelle du musée pendant les vacances scolaires de Noël.